Un monde de commentaires

Après des heures passées, à être observateur, j’observais alors qu’être auteur n’est pas un tort.

J’observais surtout le monde des commentateurs, de tout âge et à toute heure.

Combien de commentaires pour un article ?

Quel est le lien, direct ou non, entre le rapport de l’article et la masse des commentaires ?

La mise en équation serait-elle possible ?

X et Y ont-ils leur mot à dire ?

Qu’advient-il de l’auteur ? De son papier, même numérisé ?

A-t-il fait bon usage de son langage ?

Mais qu’est-ce qu’un auteur sans ses lecteurs, et avant tout, sans relecteur ?

C’est avant tout un sélecteur des bons mots, fidèles à son propos.

Voici donc venu, un vrai vœu nu, celui d’un article ouvert, où le lecteur est l’électeur, où les lecteurs auront le soin de fermer la page et la bouche à l’auteur.

Un vœu où les plus et les moins, les votes et les notes, ne valent rien.

Quel meilleur moyen pour l’auteur de se faire joueur, arbitre et terrain.

Comment taire ces commentaires ?

En les laissant s’auto-commenter, s’autodétruire après l’article, quelle noble affaire.

Par quel artifice cela peut-il se faire ?

Car, quelque soit le sujet, qu’importe le verbe, les commentaires appartiennent tout autant à l’auteur, dont ils sont le fruit, qu’aux lecteurs, dont ils sont l’usage.

Un monde, deux commentaires ?

Oui et non, car de temps à autre, apparaît un « peut-être », un commentaire encore plus précis que l’énoncé, encore plus fort pour mieux dénoncer, recadrer, recaler le propos premier du publié.

Ainsi le commentaire devient le commenté, faisant presque oublier qu’il répond à un point de vue, une idée, et la défense se fait alors attaque, juge et parti, puisque l’auteur du commentaire devient auteur à part entière.

Et si l’auteur est toujours sensé, il n’est jamais censeur (sans jeu de mot).

En toute modération, il n’est ni modérateur, et encore moins dictateur.

Il évite la mode et les ratures, il s’en mordrait les doigts, de faire parjure.

Une fois l’article publié, l’auteur et sa pensée sont vite passés, et le lecteur devient penseur, au gré de ses humeurs, vous saisissez ?

Saisissez-vous de bonheur ou de stupeur, mais saisissez l’occasion, d’être correcteur pour de bon.

Quoi de neuf, quoi de subjectivement beau dans ces commentaires ?

Certains y jettent leur dévolu, leur colère, d’autres veulent juste être lus, et d’autres y font bons propos.

On peut y distraire, en extraire bien des bons mots, ou en soustraire, par manière, bien des faux maux.

Dis-moi comment tu commentes, je te dirais comment tu es, ou comment tu hais.

Comment dis-tu comment t’es ? Comment dis-tu « commenter » ?

Commander moi si je me trompe, si je me trempe de commentaires.

On peut s’y noyer parfois, ou y nager par foi, on peut y être bon joueur, ou y dévoiler ses peurs.

On peut surtout inhaler les parfums, les odeurs, les idées de chacun, qu’elles soient bonnes ou nauséabondes, elles abondent pourtant à nos nez, et en tous sens.

Un commentaire pour complimenter, un autre pour réprimer.

Et après ? Est-ce qu’au moins cela fait avancer le débat ?

Y’a des hauts et des bas à cela, et les commentaires servent à en débattre.

D’un bla-bla semblable au récit initial, s’en retrouve et s’entrouvrent d’autres voies,

avec ou sans bla-bla.

D’un départ anodin, peut naître mille fins, sur-commentées.

Un début plein de sens peut finir dans l’errance des commentaires sous-commentés.

Le commentateur est donc bel et bien acteur, et l’auteur est finalement spectateur.

Le commentaire renvoie au fond, par d’autres formes, ou bien déforme par d’autres fonds ?

L’auteur ici, votre humble serviteur, pose autant de questions qu’il apporte de doute aux yeux des anti-commanditaires.

Il ouvre une porte, s’enferme dans une pièce, et attend du lecteur, un  ou plusieurs commentaires, qui en feront la clef, pour pouvoir s’échapper prendre l’air, loin des commentaires.

Ainsi fonctionne le jeu du commentaire commenté, de cet article articulé autour du « comment taire, sans commenter ? »

Et bien évidemment, je vous invite à, comment dire, et bien à commenter.

Et le premier qui dit : « Commence par te taire ! », se verra commenté d’un commentaire, dont je ne serais pas peu fier.

Alors, à vos commentaires…

Nathael Dunevy, le 7 Mai 2013

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